Le club lecture, réuni à la Maison des Associations, a sélectionné quelques ouvrages (juin 2026)

Publié le par universite-d-anchin

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(est joint pour chaque ouvrage le résumé de quatrième de couverture).

Franco FAGGIANI : Le gardien de la colline aux oliviers (Paulsen)

Inspiré d'une histoire vraie, ce roman est une ode à la halte et au sens qu'on trouve chemin faisant.
À l'approche des jeux olympiques de 1912, l'empereur Mutsuhito, désireux de renforcer ses relations diplomatiques avec l'Occident, a besoin d'athlètes pour défendre les couleurs du Japon. Tous les jours, à l'aube, le jeune Shizo Kanakuri parcourt les versants boisés qui bordent la demeure de ses parents. C'est ainsi que ce coureur solitaire se sent vivant et éprouve les bienfaits de la nature. Sa foulée remarquable et l'étrange grâce avec laquelle il court retiennent l'attention d'un entraîneur qui le prépare au marathon des jeux olympiques de Stockholm. Alors que les sportifs japonais sont rares à s'illustrer dans la pratique des sports occidentaux, Shizo est le favori de l'épreuve. Pourtant, à sept kilomètres de la ligne d'arrivée, il se volatilise. Une singulière fugue qui fait dévier le cours de son destin. Il lui faudra 54 ans, 8 mois, 6 jours, 5 heures, 32 minutes et 20 secondes pour venir à bout de son marathon. Un détour qui lui permettra de trouver un sens à sa vie. " Délicat et profond, un formidable roman picaresque inspiré de faits réels. " Corriere della Sera " Le roman de Faggiani possède le don rare d'envoûter le lecteur dès les premières pages comme une fable sur les caprices du destin. " La Stampa " La biographie romancée de Faggiani exalte notre vie spirituelle, célèbre la course à pied comme une forme de prière et invite à un mysticisme de la nature. " La Repubblica " Faggiani parvient à saisir l'instant et à le faire éclore, créant ainsi une littérature de la nature où se mêlent l'infiniment petit et l'infiniment grand. " Il Foglio " La sérénité et la beauté qui émanent de la prose de Faggiani, ravivent à chaque page notre désir de contempler la nature. " Luca Mercalli Prix Biblioteche di Roma 2019 Première sélection du Prix Bancarella 2020

Xavier LE CLERC : Un homme sans titre (Gallimard/Folio)

"Si tu étais si attaché à ta carte d'ouvrier, c'est sans doute parce que tu étais un homme sans titre. Toi qui es né dépossédé, de tout titre de propriété comme de citoyenneté, tu n'auras connu que des titres de transport et de résidence. Le titre en latin veut dire l'inscription. Et si tu étais bien inscrit quelque part en tout petit, ce n'était hélas que pour t'effacer. Tu as figuré sur l'interminable liste des hommes à broyer au travail, comme tant d'autres avant toi à malaxer dans les tranchées."En lisant Misère de la Kabylie, reportage publié par Camus en 1939, Xavier Le Clerc découvre dans quelles conditions de dénuement son père a grandi. L'auteur retrace le parcours de cet homme courageux, si longtemps absent et mutique, arrivé d'Algérie en 1962, embauché comme manoeuvre à la Société métallurgique de Normandie. Ce témoignage captivant est un cri de révolte contre l'injustice et la misère organisée, mais il laisse aussi entendre une voix apaisée qui invite à réfléchir sur les notions d'identité et d'intégration.

Audur Ava OLAFSDOTTIR : Eden (Zulma/Littérature)

Alba rentre d'un colloque de linguistes à l'étranger. Passionnée par les langues minoritaires et par la puissance évocatrice des mots, elle est aussi relectrice-correctrice, et le manuscrit d'un jeune poète l'attend, un ancien étudiant avec lequel elle a eu une aventure. En atterrissant à Reykjavík, elle s'interroge sur tous ses voyages dans les coins les plus reculés du monde. Combien d'arbres lui faudrait-il planter chaque année pour compenser son empreinte carbone ? Des langues sont en voie d'extinction, mais en Islande les arbres ont déjà disparu.
Sur un coup de tête, elle achète un terrain de sable noir et de lave, au fin fond de l'Islande aride et désertique, avec une maison délabrée. Rien n'est censé pousser là, mais Alba décide de passer à l'action. Elle change de vie, quitte la ville et les cercles littéraires pour planter des bouleaux, cultiver un potager. Elle se lie aux villageois et accueille Danyel, un jeune réfugié.
Ode à la langue islandaise et au retour à la nature, Éden est un roman plein de fraîcheur, tout en simplicité et en délicatesse.

Christian BOBIN : L’eau des miroirs (Gallimard/Blanche)

L`eau des miroirs est un récit poétique, sans doute le premier par lequel Christian Bobin, alors jeune poète, prend sa voix. Or, c`est une femme qui nous parle. Elle se meurt, délaissée par son amant. Et tandis que la mort froide s`étend sur elle, elle raconte l`amour qui l`a liée à un homme vivant reclus parmi ses livres. De cette situation très romanesque sourd déjà toute la richesse de l`oeuvre en gestation : la rupture avec le monde, les mots du désir charnel, la nature salvatrice où s`abandonner. Ce livre agit telle une naissance - violent, tendre, essentiel.

Jean-Christophe RUFIN : La folie Sainte-Hélène (Calmann-Lévy)

À Sainte-Hélène, territoire britannique perdu dans l’Atlantique Sud, c’est la consternation. Le consul qui administre l’enclave française de Longwood, où est mort Napoléon, a disparu. Comment peut-on se volatiliser sur une île reliée à l’Afrique du Sud par un avion chaque semaine et où tout le monde se connaît ? C’est ce qu’Aurel va être chargé de découvrir. Il va vite comprendre que représenter la France à Sainte-Hélène n’est pas de tout repos. Car Napoléon rend fou. Son souvenir déchaîne encore des passions violentes. Le consul disparu ne manquait pas d’ennemis parmi les fondus de l’Empereur qui viennent visiter le lieu de son exil. Mais qui a pu lui en vouloir au point de l’éliminer ? Sans l’aide d’une jeune Française venue dans cette contrée du bout du monde pour exorciser ses fantômes, Aurel aurait eu du mal à le découvrir. Cette enquête hors norme va nous faire rencontrer des personnages extraordinaires. Cette fois, Aurel, pour notre plus grand plaisir, trouve plus original que lui…

 

Sylvia TURCHI : La Mobylette immobile (Cours toujours)

Émile, un garçon débrouillard pendant les années de guerre, cherche toujours les défis et les occasions de dépassement de lui-même. Devenu un homme dans la France rurale des années 1960, il dévoile sa fragilité et son besoin d’être reconnu en même temps que sa violence de patriarche. Face à lui, sa fille Madeleine, soumise à l’amour tyrannique de son père, est bien décidée à ne pas renoncer à sa liberté de femme. Entre eux deux, objet du désir et mécanique d’émancipation, une mobylette précipitera le drame.La Mobylette immobile est un roman surprenant. À travers les relations houleuses d’un père et de sa fille, il remet habilement en selle la cultissime bécane des années 1960-70, et raconte ce que fut la société du XXe siècle, les séquelles de la guerre, les rapports entre les hommes et les femmes et les espoirs de toute une génération.

 

Yanick LAHENS : Passagères de nuit (Sabine Wespieser/Littérature)

Dans ce nouveau roman, comme arraché au chaos de son quotidien à Port-au-Prince, Yanick Lahens rend un hommage d’espoir et de résistance à la lignée des femmes dont elle est issue. La première d’entre elles, Élizabeth Dubreuil, naît vers 1820 à La Nouvelle-Orléans. Sa grand-mère, arrivée d’Haïti au début du siècle dans le sillage du maître de la plantation qui avait fini par l’affranchir, n’a plus jamais voulu dépendre d’un homme. Inspirée par ce puissant exemple, la jeune Élisabeth se rebelle à son tour contre le désir prédateur d’un ami de son père. Elle doit fuir la ville, devenant à son tour une « passagère de nuit » sur un bateau à destination de Port-au-Prince. Ce qui adviendra d’elle, nous l’apprendrons quand son existence croisera celle de Régina, autre grande figure de ce roman des origines. Née pauvre parmi les pauvres dans un hameau du sud de l’île d’Haïti, Régina elle aussi a forcé le destin : rien ne la déterminait à devenir la maîtresse d’un des généraux arrivé en libérateur à Port-au-Prince en 1867. C’est à « mon général, mon amant, mon homme » qu’elle adresse le monologue amoureux dans lequel elle évoque sa trajectoire d’émancipation : la cruauté mesquine des maîtres qu’elle a fuis trouve son contrepoint dans les mains tendues par ces femmes qui lui ont appris à opposer aux coups du sort une ténacité silencieuse. Cette ténacité silencieuse, Élizabeth et Régina l’ont reçue en partage de leurs lointaines ascendantes, ces « passagères de nuit » des bateaux négriers, dont Yanick Lahens évoque ici l’effroyable réalité, de même qu’elle nous plonge – et ce n’est pas la moindre qualité de ce très grand livre – dans les convulsions de l’histoire haïtienne. Lorsque les deux héroïnes se rencontreront, dans une scène d’une rare qualité d’émotion, nous, lectrices et lecteurs, comprendrons que l’histoire ne s’écrit pas seulement avec les vainqueurs, mais dans la beauté des gestes, des regards et des mystères tus, qui à bas bruit montrent le chemin d’une résistance forçant l’admiration.

Angélina DELCROIX : Mémoires d’un expert psychiatre (HugoPublishing/Thriller)

L’INTELLIGENCE DU MAL Adam Jacuri est expert psychiatre auprès de la Cour d’appel de Lyon. Arrivant en fin de carrière, il décide de confier ses mémoires à Jessie Maure, auteure de thrillers. Alors qu’il prend la décision de se retirer définitivement du circuit en allant vivre sa retraite en Bretagne près de la forêt de Huelgoat, des disparitions inquiétantes vont commencer à affoler la population locale. Adam soupçonne un ancien patient et craint pour sa propre vie, mais la gendarmerie ne le prend pas au sérieux. Alors, quand les premiers corps sont découverts, il décide d’enquêter seul dans cette région vaste et mystérieuse.
Alternant entre souvenirs criminels, maladies mentales, et conséquences personnelles et familiales d’un tel métier, ce thriller nous entraîne dans les coulisses des unités pour malades difficiles et dans les labyrinthes psychiques qu’un expert est censé parcourir.


 

Akira MIZUBAYASHI : La forêt de flammes et d’ombres (Gallimard/Blanche)

Tokyo, décembre 1944. Embauché dans un centre de tri postal, Ren Mizuki y rencontre deux autres étudiants qui partagent sa passion pour la culture et l'art européens : Yuki, qui deviendra sa compagne, peintre elle aussi, et Bin, un violoniste promis à une carrière internationale, qui restera à jamais son frère d'élection. En 1945, Ren est appelé en Mandchourie dans l'enfer des combats. Défiguré, mutilé, il en rentre persuadé qu'il ne pourra plus jamais tenir un pinceau. L'amour de Yuki sera-t-il capable de renverser un destin ? À travers une histoire particulièrement émouvante, Akira Mizubayashi continue d'explorer ses thèmes familiers : le désastre des nationalismes fauteurs de guerre, l'art, recours essentiel contre la folie des hommes.


 

Manal SALAME : Habibi Beyrouth (La Tribu)

« Un matin, je me suis réveillée en rêvant que je ne parlais plus l’arabe. J’ai compris qu’il fallait rentrer.

Après dix-sept ans en France, loin de son pays natal, Amal revient à Beyrouth pour obtenir une carte d’identité. Mais ce qui ne devait être qu’une simple formalité se révèle beaucoup plus compliqué que prévu et Amal doit prolonger son séjour. Ses démarches administratives la conduisent des rues palpitantes de la capitale jusqu’au sud du pays, dans son village familial désormais tenu d’une main de fer par le Hezbollah. Elle devra affronter ce qu’elle avait fui : la tyrannie des apparences, les sales rumeurs réservées aux femmes non mariées et sans enfants. La traversée de ce pays aussi beau que tourmenté devient un voyage au cœur de la mémoire et des blessures de l’exil. « Souvenez-vous d’une chose, Amal. En France comme au Liban, vous serez toujours arabe. Et musulmane. »

 

Lucie AZEMA : Une saison à Téhéran (Les corps conducteurs)

« C’est une histoire qui a commencé il y a exactement dix ans. Un coup de foudre, une collision avec un territoire qui a constitué un véritable événement dans mon existence. Après cette rencontre, je suis retournée plusieurs fois en Iran, puis j’y ai vécu, travaillé, aimé, souffert. L’Iran vit en moi comme une histoire d’amour tardive à laquelle rien ne me prédestinait. » L’Iran est souvent au cœur de l’actualité. Mais que sait-on vraiment de sa culture, de son histoire, du quotidien de ceux qui l’habitent ? À rebours des clichés occidentaux, Lucie Azema raconte sans l’idéaliser son Iran intérieur, celui où elle a vécu plusieurs années ; celui du pain frais, du thé à toute heure, des sorbets à la rose et du riz au safran ; celui des chauffeurs de taxi, des étudiants, des marchands de fruits, de la jeunesse dorée, des amoureux, des poètes ; celui où se nouent des relations si profondes qu’on dit que deux compagnons « partagent le même souffle ». Dans les rues de Téhéran, de Shiraz, d’Ispahan, elle nous fait découvrir la langue et la culture de ce pays aujourd’hui isolé, qui fut pourtant l’épicentre de la littérature, des arts et des sciences. Tous les voyageurs passent un jour, même en rêve, par la Perse. Ce récit lumineux, ode au dépaysement et à la rencontre, nous invite à les rejoindre.


 

Au cours de la période 2025-2026 (septembre 2025 à juin 2026), le club lecture s’est réuni à dix reprises et a sélectionné plus de cent ouvrages.

De cette sélection, le club a choisi de mettre en avant cinq ouvrages :

  • Echappées de Pierre PEJU.

  • La nuit au coeur de Natacha APPANAH.

  • Hors-champ de Marie-Hélène LAFON.

  • L’éternité n’est pas de trop de François CHENG.

  • Le gardien de la colline aux oliviers de Franco FAGGIANI.

Publié dans actualités

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